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LGBT+ quoi?  lexique

Queer, genderfluid, LGBTQIAAP+... Tu veux savoir ce que ça signifie ?

Ici sont définis les termes en rapport avec l’orientation amoureuse/sexuelle, et avec l’identité de genre.

A

Androgyne

On qualifie quelqu’un-e d’androgyne si son apparence ne permet pas facilement de déterminer son genre ou son sexe. Le terme est dérivé de deux mots grecs : andros (l’homme, comme appartenance de genre) et gynè (la femme).

L’androgynie peut être involontaire, due aux traits physiques et aux formes du corps d’une personne, mais elle peut aussi être affirmée et revendiquée grâce à un look et une attitude qui mêlent des attributs féminins et masculins.

Le fait d’avoir une apparence androgyne ne dit rien sur l’orientation sexuelle d’une personne.

L’androgynie peut être un refuge pour les personnes trans’. C’est une apparence qui permet, dans l’attente d’une transition ou si celle-ci ne leur est pas possible, de maintenir une certaine ambiguïté dans laquelle elles peuvent être plus à l’aise et plus en accord avec leur identité de genre.

La romancière Anne Percin aborde le thème de l’androgynie dans son ouvrage L’Âge d’ange.

Asexuel·le

Une personne asexuelle (ou appelée aussi “ace“) ne ressent pas de désir physique, pour qui que ce soit. Elle ne souhaite pas avoir de relation sexuelle, même dans le cadre d’une relation amoureuse sérieuse et durable.

Ne pas avoir de rapports sexuels n’empêche pas une personne asexuelle d’éprouver ce qui peut être appelé une “attirance romantique”, c’est-à-dire des sentiments pour les garçons, les filles, ou tous les genres, sans passage nécessaire à l’acte physique.

Pour autant, il y a toute une variété de façons de vivre son asexualité :
– certain-e-s ne font pas l’amour du tout, 
– les “demisexuel-le-s” et “graysexuel-le-s” peuvent avoir parfois des rapports mais sous certaines conditions (par exemple, si des sentiments forts existent), 
– enfin d’autres font l’amour régulièrement, mais plus par plaisir d’être avec leur partenaire et de lui faire plaisir que par désir personnel.

L’asexualité est souvent mal comprise ou mal acceptée. Elle est très souvent assimilée à tort à la frigidité, à un blocage psychologique, à une homosexualité refoulée, ou autres préjugés réducteurs. Contrairement à l’abstinence, il ne s’agit pas d’un choix délibéré : les asexuels ne “s’abstiennent” pas, ils n’éprouvent simplement pas de désir sexuel.


Puisqu’il s’agit d’une orientation sexuelle alternative à la majorité / à la norme hétérosexuelle, les asexuels sont parfois intégrés à la communauté LGBT (qui est devenue, par inclusions successives, LGBTQQIAAP !). Même si certaines personnes considèrent que ce n’est pas justifié car ils et elles ne subiraient pas autant de rejet que les LGBT, les asexuel·les subissent des oppressions bien réelles, à la différence que cela se manifeste davantage dans le cadre de l’intime… Ils et elles sont par exemple exposé-e-s aux abus sexuels (chantage au sein du couple, rapport forcé sous prétexte de “je vais te faire aimer ça”, etc). Enfin, dans une certaine solitude face à une société hypersexualisée, ils et elles ont aussi besoin de visibilité.

La blogueuse Belinda-Georges a réalisé un article dessiné très complet sur la question de l’asexualité

B

Bisexualité

On définit couramment la bisexualité comme le fait d’être attiré·e ou d’éprouver des sentiments amoureux pour des personnes des deux genres. Les hommes et femmes se disant bisexuel-le-s peuvent ressentir ces attirances simultanément ou à des périodes distinctes de leur vie. Contre une vision en noir et blanc qui opposerait deux mondes totalement séparés — hétérosexualité et homosexualité — la bisexualité regroupe une grande variété de situations entre les deux. Utilisé dans son sens actuel par médecins et psychologues à la fin du XIXe siècle, le mot “bisexualité” est plutôt récent.

En revanche, ce que nous considérons aujourd’hui comme de la “bisexualité” était fréquent dans certaines civilisations anciennes ou dans des cultures en contact restreint avec le monde occidental. Pour certains spécialistes de la sexualité (comme Alfred Kinsey), les êtres humains sont tous plus ou moins bisexuels, et c’est la société qui dicte ce qui est “la” norme.

Se définir “bisexuel” est plus fréquent à l’adolescence qu’à tout autre âge. Certains en déduisent un peu vite qu’il s’agit d’une phase, pour des homosexuel-le-s qui ne “s’assument” pas encore. D’autres y voient une marque de snobisme chez certain-e-s hétérosexuel-le-s. Il existe beaucoup de préjugés sur les bi·e·s, ce qui s’appelle la biphobie.

Heureusement, les bisexuel-le-s sont de mieux en mieux accepté-e-s pour ce qu’ils/elles sont, dans leur diversité, et l’on rencontre des bisexuel-le-s de tous âges.

Certaines personnes bisexuelles répugnent à mettre une étiquette sur ce qu’elles vivent. Cela se retrouve chez les personnages de roman qu’on pourrait définir ainsi, “malgré eux”, comme Balthazar dans le livre de Cédric Érard, J’ai pas sommeil, ou Elio dans Plus tard ou jamais.

C

Cisgenre ou “cis”

Personne dont le genre officiel, celui qu’on lui assigné à la naissance, correspond au genre ressenti. Il s’agit donc par exemple d’une femme qui lorsqu’elle est née a été identifiée comme fille, et qui se reconnaît dans ce genre.

Si la majorité de la population est cisgenre, plusieurs catégories de personnes ne le sont pas : les hommes et femmes transgenres, les personnes non-binaires, et certaines personnes intersexuées auxquelles on a assigné un genre à la naissance qui ne leur convient pas. 

Coming out

L’expression “coming out” vient du verbe anglais “to come out”, qui signifie “sortir de”. Mais sortir de quoi ? Du “placard”, l’endroit dans lequel on se “planque”, où l’on cache son désir, où l’on se réfugie parce qu’on a peur de ce qui pourrait arriver si l’on révèle qu’on est lesbienne, gay, bi ou trans.

Dans la vie d’une personne, le coming out est un moment très important, une étape décisive dans l’acceptation de soi. Chacun-e se souvient du jour où il/elle a annoncé à ses parents, à ses frères et soeurs, à ses amis, à son entourage, qu’il/elle éprouvait un désir pour une personne du même sexe que le sien.

 

C’est un acte très courageux, un moment où l’on s’expose, et que l’on est amené à revivre souvent lorsque l’on parle de soi. Le coming out peut bien se passer, mais parfois il ne se déroule pas aussi facilement qu’on l’espérait. On ne choisit pas toujours le “bon” moment pour le faire — mais y en a-t-il vraiment un ? Il faut savoir bien s’entourer pour, au cas où la réaction des personnes ne serait pas celle attendue, ne pas être seul-e.

Communauté, communautarisme

Une communauté est un groupe de personnes qui sont solidaires entre elles parce qu’elles ont des similarités, en particulier face à l’extérieur. Souvent, elles estiment partager une identité commune.

On parle de communauté pour des personnes ayant une origine ou une religion commune, mais cela peut concerner aussi des modes de vie, des centres d’intérêt, des activités, des opinions, etc.

On entend souvent l’expression “communauté LGBT” ou “communauté gay”, pour distinguer les personnes LGBT de la majorité hétérosexuelle. Ce ne sont peut-être pas tant l’homosexualité ou le fait d’être trans qui sont fondateurs d’une identité commune, mais le même sentiment éprouvé face à des comportements parfois hostiles. Toute personne LGBT, au moins une fois dans sa vie, a été discriminée ou mal vue, voire insultée, menacée, harcelée, frappée, à cause de son orientation sexuelle ou de son identité de genre. Certain-e-s peuvent éprouver le désir de se retrouver avec d’autres personnes LGBT, et d’être accueilli-e-s sans jugement, pour ce qu’ils et elles sont ou éprouvent.

Certain-e-s n’ont pas l’impression d’appartenir à une communauté particulière, d’autres ont vraiment besoin, dans leur parcours personnel, de fréquenter d’autres personnes LGBT.

Le “communautarisme” désigne le fait de vivre prioritairement dans sa communauté. C’est un mot souvent utilisé dans un sens négatif, pour dévaloriser celles et ceux qui défendent des intérêts jugés particuliers.

F

Fluid / gender-fluid / non-binaire

Il est possible de se sentir appartenir :
– aux deux genres à la fois ce qui correspond au terme “bigenre”.
– aux deux genres alternativement ce qui est désigné par le terme “genderfluid”. Ruby Rose, que l’on a notamment vu-e dans la série Orange is the new black, se définit comme genderfluid.
– à aucun des deux genres ce qui correspond au terme “agenre”.

Il existe encore d’autres possibilités et pour en savoir plus, nous vous invitons à consulter le blog Unique en son genre, le site Genres Pluriels, ou encore le groupe Facebook NB France.

Pour désigner une personne non-binaire, il est possible selon son souhait d’utiliser des pronoms neutres (par exemple “iel” ou “ille” ou “ael”).

Les manifestations hostiles à l’égard des personnes non-binaires s’appelle l’enbyphobie ou embyphobie.

G

Gay

Mot d’origine américaine qui se rapporte aux personnes, aux pratiques et à la culture homosexuelles, et en particulier les hommes. À l’origine dérivé de l’ancien français “gai”, ce terme anglais désignait au début du XXe siècle des personnes exubérantes, anticonformistes, et a peu à peu été utilisé pour parler des homosexuels, surtout à partir des années 1970. Si, à ce moment là, il a désigné aux États Unis à la fois les hommes et les femmes homosexuels, très vite les lesbiennes ont milité pour distinguer les deux termes gay et lesbien/nes.

L’usage des deux termes — homosexuel et gay — n’est pas identique : le premier désigne l’orientation sexuelle et les sentiments éprouvés pour une personne du même sexe que le sien, alors que le second est employé plus largement pour parler d’une culture, d’une communauté ou d’un mode de vie regroupant des personnes très diverses. Le terme “gay” est sans doute mieux accepté parce qu’il ne comprend pas le suffixe “-sexuel”, et suscite donc des sentiments plus neutres. L’usage du terme est en perpétuelle évolution, selon les environnements et les générations.

Genre

À la base, on parle de genre en grammaire pour distinguer les mots qui expriment le féminin, le masculin, ou, dans certaines langues, le neutre.    

Le terme de genre a été transposé pour désigner le sentiment d’appartenance des individus à une identité féminine, masculine ou autre. Alors que le genre est souvent réduit à tort à la seule notion de sexe biologique, il s’exprime en réalité sur 3 plans :

– l’identité de genre : celle que nous ressentons (je me sens homme, je me sens femme, je ne me sens ni l’un ni l’autre, je me sens les deux, je me sens alternativement femme et homme, ou d’un autre genre) et celle qui est inscrite sur nos papiers d’identité.

– l’expression du genre : ce qui dans notre attitude ou notre apparence physique nous identifie comme appartenant à un genre ou à l’autre.

– le sexe biologique : les caractéristiques sexuées de notre corps (organes génitaux, chromosomes sexuels, etc). L’identité de genre et l’expression de genre peuvent s’exprimer indépendamment du sexe biologique.

A ces trois notions, s’ajoute l’attirance sexuelle, qui concerne le genre des personnes vers qui nous sommes attiré-e-s sur le plan sexuel et/ou romantique.

Pour mieux comprendre la diversité des profils possibles selon tous ces critères, et pour que chacun-e puisse réfléchir à son propre ressenti, un personnage appelé The Genderbread (jeu de mot avec gingerbread = bonhomme de pain d’épice) a été créé par le groupe militant américain TSER et popularisé par le blog It’s pronounced Metrosexual. Le schéma donne des exemples de ressentis différents et permet de bien percevoir l’indépendance des différents critères.

H

Hétérocentré / hétéronormé

On dit d’une société ou d’une pensée qu’elle est hétéronormée quand elle considère que l’hétérosexualité va de soi, et devrait concerner tout le monde. C’est le cas de la quasi-totalité des sociétés contemporaines.


Les hétérosexuel-le-s sont plus nombreux-ses que les homosexuel-le-s, bisexuel-le-s et trans, ce qui est source de bien des malentendus. Cela commence par le fait d’imaginer que tout le monde serait hétérosexuel-le, continue par la croyance que “la” norme (à tous points de vue : social, historique, religieux, biologique…) serait l’hétérosexualité, et se termine par le rejet de toute autre orientation sexuelle, autrement dit, par l’homophobie.

La norme hétérosexuelle est le plus souvent nourrie par l’entourage, mais aussi par les médias (cinéma, télévision, presse…) car il y a un réel manque de représentations de la diversité des couples. Dans la publicité, force est de constater que la famille hétérosexuelle avec deux enfants est le schéma proposé de façon quasi systématique. Au cinéma, dans la littérature, on rencontre moins de personnages LGBT. Celui ou celle qui ne se conforme pas à cette norme risque donc de se sentir marginalisé-e.

Hétérosexualité

Une personne hétérosexuelle est une personne qui éprouve majoritairement ou exclusivement des sentiments amoureux ou de l’attirance pour des personnes du sexe opposé. Le mot “hétérosexuel” n’a commencé à être utilisé qu’après le mot “homosexuel”, comme en opposition à ce dernier, donc dès l’origine parler d’hétérosexualité signifiait reconnaître l’homosexualité.

Cependant, il n’y a pas toujours d’ “opposition” tranchée entre hétérosexualité et homosexualité. Par exemple, certaines personnes se définissent comme hétéro tout en éprouvant pour des personnes du même sexe des sentiments amoureux ou des attirances (qui peuvent aller jusqu’à des relations physiques), c’est ce qu’on appelle être “principalement hétérosexuel”, en opposition à “exclusivement hétérosexuel”.

Homoparentalité

Mot-valise formé à partir de “homosexuel” et “parentalité”. L’homoparentalité désigne le fait, pour des personnes homosexuelles, d’être ou de devenir parent, d’une manière ou d’une autre. La situation peut faire suite à une adoption, du fait d’avoir été à un moment donné en couple hétérosexuel, ou du recours à une personne extérieure (insémination artificielle, mère porteuse dans les pays où c’est légal, etc) dans la mesure où un couple d’hommes ou de femmes ne peut concevoir d’enfant sans participation extérieure.

Si le terme englobe des situations très différentes, l’hostilité d’une partie de la population, voire de l’État, repose sur l’idée selon laquelle les couples d’hommes, les couples de femmes, ou les célibataire LGBT+ ne pourraient pas faire de bons parents. Ainsi, de nombreuses difficultés sont faites aux homosexuel.le.s dans ce domaine : les décisions de justice lors de divorces pénalisent presque toujours le parent LGBT ; les couples et les individus subissent souvent un refus d’agrément de l’administration pour les adoptions ; le parent non biologique peut rencontrer des difficultés à avoir une existence légale et des droits. Il s’agit d’un domaine dans lequel les personnes homosexuelles et trans subissent une discrimination d’État.

Pourtant, la plupart des études ne montrent pas de différence, en termes d’équilibre psychologique et d’orientation sexuelle, chez les enfants ayant grandi dans des familles homoparentales. En outre, les difficultés pratiques qu’un couple homosexuel rencontre – en plus des résistances sociales – pour avoir un enfant, font qu’il faut une très forte motivation.

I

Intersexuée / intersexe (personne)

Selon l’Organisation des Nations Unies (ONU),  les personnes intersexuées sont celles dont les caractéristiques physiques biologiques, telles que l’anatomie sexuelle, les organes génitaux, le fonctionnement hormonal ou le modèle chromosomique, ne correspondent pas aux définitions classiques de la masculinité et de la féminité. Ces caractéristiques peuvent se manifester à la naissance ou plus tard dans la vie, souvent à la puberté.

On parle également de variations du développement sexuel.
Ce sont des variations saines du vivant. Dans la très grande majorité des cas les personnes intersexes sont en bonne santé sans intervention médicale.

Le nombre de personnes intersexuées dans le monde est difficile à déterminer avec précision, mais en 2016, l’ONU estimait qu’1,7 % des nouveaux-nés étaient intersexes.

Ce terme s’oppose à celui de personne dyadique, c’est-à-dire quand les caractéristiques physiques ou biologiques correspondent aux définitions binaires types des corps masculins et féminins.

Le terme intersexué-e remplace celui d’hermaphrodite, qui était largement utilisé par le milieu médical au cours des XVIIIe et XIXe siècle mais qui est jugé inadapté par les personnes concernées. En effet dans la mythologie, Hermaphrodite, qui est issu-e de la fusion d’une femme et d’un homme, possède des attributs masculins et féminins qui seraient complets et fonctionnels, ce qui n’est pas le cas des personnes intersexuées.

De nos jours, quand un-e enfant naît intersexué-e, il est exigé (par l’administration et une grande partie du corps médical) que lui soit attribué un sexe. Des interventions chirurgicales et des traitements hormonaux sont fréquemment pratiqués pour que l’aspect de son corps puisse correspondre à l’un des deux genres. Or, ce choix est arbitraire, basé sur des critères médicaux (taille des organes génitaux, par exemple). Cela pose problème car on ne demande pas son avis à l’enfant concerné-e, et le genre qui lui est attribué ne lui correspondra peut-être pas plus tard. Pourtant, la chirurgie est irréversible et tout changement d’état civil est très difficile à obtenir.

Les associations de personnes intersexuées réclament l’arrêt de ces traitements médicaux qui ne répondent pas à un besoin de santé, mais peuvent constituer de graves mutilations.

Il arrive également que l’intersexuation ne soit pas visible à la naissance. C’est à la puberté, voire plus tard, que peuvent apparaître des variations des caractéristiques physiques.
Il est arrivé également que des personnes découvrent leur intersexuation à l’occasion d’un test génétique ou hormonal.

Les sociétés contemporaines rejettent dans leur écrasante majorité la possibilité pour un individu d’être intersexué et de vivre cette variation sans être pathologisé-e. Quelques pays font toutefois exception. Par exemple, en Allemagne, une loi adoptée en 2013 offre aux parents d’un nouveau-né le choix de porter à l’État Civil la mention de sexe indéterminé. A Malte, une loi adoptée en 2015, interdit les traitements et/ou interventions chirurgicales, sans le consentement de la personne concernée. Hors de l’Europe, l’Australie, la Malaisie, le Népal, la Nouvelle-Zélande et l’Afrique du Sud autorisent l’indication “X” (autre sexe) sur les passeports.
En France, en 2015, un Tribunal de Grande Instance a, pour la première fois, rendu une décision favorable à la demande d’une personne intersexuée de porter la mention “sexe : neutre” sur son état civil (décision du 20 août 2015 du Tribunal de Grande Instance de Tours). Mais cette décision a été infirmée par la Cour d’appel d’Orléans ; la mention “sexe : neutre” sur l’état civil n’a finalement pas été acceptée. Cette personne a donc décidé de porter l’affaire auprès de la Cour européenne des droits de l’Homme.

Ceci étant dit, la 3ème case de sexe/genre n’est pas forcément une revendication des associations telles que le Collectif Intersexes et Allié.e.s dans cet article : “tou-te-s les adultes et les mineur-e-s aptes devraient pouvoir choisir entre genre féminin, masculin, non-binaire, ou d’autres options multiples. Dans l’avenir, comme pour la race ou la religion, le sexe ou le genre ne devrait pas être une catégorie sur les certificats de naissance ou les documents d’identification pour qui que ce soit. Notre but final, en tant que mouvement, est bien l’abrogation totale des catégories sexuées sur les documents d’identité, et non la création pérenne d’une troisième catégorie de sexe à l’état-civil. Pourquoi ? Parce que nous constatons, un peu partout où cette réforme a été appliquée, qu’elle a des effets majoritairement négatifs. […] On a constaté, comme en Allemagne ou en Australie, que la conséquence directe est en fait que les parents sont encore plus soumis.es à des pressions médicales pour « sauver » leurs enfants de cette terrible troisième case, et que les mutilations s’en trouvent augmentées”. Et lorsque le changement d’état civil de cette case à une autre est possible, c’est malheureusement avec l’obligation de fournir un certificat médical, ce qui pathologise encore la situation de la personne.

Certaines personnes intersexuées se revendiquent comme intersexe, soutenant ainsi une vision positive de leur corps, considérant qu’elles ne souffrent d’aucune pathologie et affirmant une identité politique.

Le 26 octobre est la journée internationale de visibilité intersexe et le 8 novembre, la journée internationale de solidarité intersexe.

L

Lesbienne / Saphisme

Le mot “lesbienne” ainsi que le mot “saphisme” (fait d’être lesbienne) proviennent du nom de la poétesse grecque Sappho, qui vivait sur l’île de Lesbos vers le VIe siècle avant J.C. et a chanté l’amour des femmes pour d’autres femmes. L’utilisation du mot “lesbienne” pour désigner une femme homosexuelle date du XIXe siècle, ce mot est donc récent, mais l’allusion à Sappho est importante : elle montre qu’il y a toujours eu, partout dans le monde, des femmes lesbiennes.

LGBT-friendly / Gay-friendly

Être LGBT-friendly signifie que l’on manifeste de la bienveillance — c’est-à-dire une forme d’acceptation, de compréhension et de sympathie — à l’égard des personnes LGBT+. On peut aussi utiliser “friendly” accolé à n’importe quel type de personnes stigmatisées, pour indiquer une attitude amicale : “lesbian-friendly”, “gay-friendly”,”bi-friendly”, “trans-friendly”,…

On utilise cette expression plutôt pour qualifier des personnes hétérosexuelles et cisgenres, mais aussi pour des lieux ou des groupes où celles-ci sont à priori majoritaires tout en étant accueillantes aux personnes LGBT+. Une ville, un bar, une personnalité ou un film, par exemple, peuvent être qualifié·e · s de “LGBT-friendly”.

L’équivalent français n’existe pas actuellement.

LGBT, LGBT+, LGBTQQIAAP, etc.

LGBT est un sigle utilisé pour désigner l’ensemble des personnes non strictement hétérosexuelles et cisgenre, en regroupant les lesbiennes (d’où le L), les gays (G), les bisexuel·les (B) et les trans (T).

Le sigle LGBTQI intègre en plus les personnes se définissant comme queer (Q) et celles qui sont intersexuées (I). 

Le sigle le plus extensif actuellement, LGBTQQIAAP, inclut enfin les personnes qui “se posent des questions” (Q pour “questionning” en anglais), les asexuel·le·s (A), les allié·e·s (A pour celles et ceux qui luttent auprès des LGBT contre l’homophobie) et les pansexuel·le·s (P pour les personnes qui peuvent être attirées par toute autre personne sans distinction de sexe ou de genre : femme, homme, non-binaire qu’elle soit cis, trans ou intersexuée).

Pour faire plus court, nous utilisons l’abréviation inclusive LGBT+.

L’association entre personnes homosexuelles, trans et intersexes, même si l’expérience de vie est différente (les un-e-s revendiquent une orientation sexuelle souvent mal vue, les autres une identité de genre qui leur est refusée), provient du fait qu’elles sont victimes du même rejet. Les personnes “homophobes” ne font aucune distinction entre les uns et les autres, ne voyant qu’une seule et même déviance par rapport à ce qui serait la norme. L’amalgame part du principe que toute personne qui n’est pas soit “un vrai homme” soit “une vraie femme” n’est pas acceptable.

M

Marche des fiertés LGBT / Gay pride / Parade

La Marche des fiertés (anciennement appelée Gay pride) est un événement permettant de revendiquer des droits et de visibiliser les personnes LGBT+, de manière festive. 

Ce moment est né suite au premier mouvement de rébellion populaire de personnes LGBT qui a eu lieu à New York en juin 1969. La police avait fait une descente au bar Stonewall, fréquenté par des gays, et une confrontation avait éclaté. Elle a été suivie par plusieurs jours de révolte appelés les émeutes de Stonewall.

Depuis, chaque année et dans plusieurs pays, la Gay pride permet de se remémorer cette nuit au cours de laquelle des hommes et des femmes homosexuel·le·s ou trans se sont battu·e·s pour se faire respecter.

En France, la marche a lieu dans différentes villes, en général au mois de juin. Depuis le début des années 2000, elle est appelée “Marche des fiertés LGBT” afin que son appellation soit plus inclusive. Elle rassemble des associations, des citoyen·ne·s, des familles, des allié·e·s, des LGBT+, réuni·e·s tou·te·s ensemble dans la rue pour revendiquer l’égalité des droits (par exemple : changement d’état civil facilité pour les trans, droit à l’adoption, lutte contre le sida et les IST, etc) dans une ambiance festive.

En mémoire des victimes du sida ou de LGBTphobies, des minutes de silence sont traditionnellement observées au cours du défilé.

À Arras, elle réunit chaque année plus de 3 000 personnes. À Lille, elle réunit chaque année plus de 15 000 personnes. À Paris, elle réunit chaque année plus de 800 000 personnes. 

O

Orientation sexuelle

L’orientation sexuelle désigne le désir des personnes. Elle n’est pas liée au sexe biologique (le fait d’avoir un vagin ou un pénis) ou au genre : une femme peut être lesbienne, bi ou hétérosexuelle, un-e trans peut être hétérosexuel-le, bi ou homosexuel-le, et un homme peut être attiré par des personnes du même sexe que lui, ou du sexe opposé, ou par les deux.

L’orientation sexuelle est intime – elle ne se lit pas sur le visage d’une personne – et n’est pas forcément figée : en fonction des rencontres et des étapes de sa vie, on est plus ou moins attiré-e par tel ou tel type de personne, ou par des individus en particulier.
L’orientation amoureuse et l’orientation sexuelle peuvent être liées (on peut aimer et désirer une personne) mais aussi être dissociées : on peut éprouver des sentiments sans avoir de désir sexuel, ou au contraire être attiré-e par une personne sans en être amoureux-se.

P

Pink boys

Les pink boys sont des jeunes garçons dont le comportement, les goûts ou les modèles sont considérés comme plutôt féminins. Fans de princesses, aimant le rose, le violet et les couleurs pastel, s’identifiant systématiquement à des héroïnes plutôt qu’à des héros, leurs goûts sont en désaccord avec une certaine image du garçon (véhiculée à travers les stéréotypes de genre) qui devrait être un petit homme en devenir, déjà masculin et viril.

On juge les pink boys “hors-normes”, parce qu’ils ne rentrent pas dans le moule. Or, ce moule a été élaboré par nos sociétés. Le fait de distinguer dans les catalogues de jouets une partie rose pour les filles et bleue pour les garçons est récente. La séparation entre ce qui est propre aux filles et ce qui est propre aux garçons s’est lentement approfondie sur des décennies depuis l’après-guerre. Ce n’est pas depuis toujours qu’il existe des jouets, des habits, des modèles de comportement pour l’un ou l’autre genre. Si on laisse aux enfants le choix du jeu, comme c’est le cas dans les crèches en Suède, des garçons jouent à la poupée ou des petites filles bricolent, jouent à des jeux de construction, etc. Pourtant, les familles, les autres enfants et l’entourage en général, incitent très souvent un petit garçon ou une petite fille à se conformer à la norme.

Aujourd’hui, une attitude plus tolérante à l’égard des garçons féminins se développe. La culture commence à utiliser l’image du pink boy : déjà, en 1997, le film Ma Vie en Rose du belge Alain Berliner regardait avec humour et humanité un petit garçon dont les goûts et les centres d’intérêt mettaient la panique dans son entourage. Aujourd’hui, voici Bichon, héros sensible et girly de la BD de David Gilson, qui nous montre une autre facette de ces enfants atypiques.
Mais la fiction n’est pas tout. Sur les blogs (en anglais) Pink is for boy et Gendermom, des mamans racontent leur vie au quotidien avec leur enfant : la réaction de l’entourage, comment elles expliquent la situation à leurs proches etc. On pourrait dire que ce qui est nouveau dans ce phénomène, c’est que de plus en plus de gens tendent à mieux l’accepter et le tolérer. Ces enfants ne sont plus forcément traités comme des être bizarres ou malades, mais des personnes qu’on peut laisser s’épanouir à leur manière. En évitant de les cataloguer trop tôt, ils peuvent grandir et se construire librement, et rien n’est écrit à l’avance : en effet, des études ont constaté qu’environ la moitié d’entre eux deviennent à l’adolescence des garçons homosexuels, un quart des filles transgenre et un autre quart des garçons hétérosexuels

Polyamour

Une personne polyamoureuse est quelqu’un·e qui peut être amoureux·se de plusieurs personnes sur la même période.

C’est tout à fait indépendant et différent de l’orientation sexuelle, car on peut être polyamoureux ou polyamoureuse qu’on soit homo, hétéro, bi·e ou pan.

 

C’est indépendant également des pratiques sexuelles, car le polyamour concerne les sentiments.

Q

Queer

Le mot est ancien et signifie en anglais quelque chose entre “bizarre”, “étrange” et “malade”. Il a été utilisé comme insulte désignant les homosexuels masculins au XXe siècle, et réapproprié par des homosexuels “virils” qui voulaient se distinguer des fairies (homosexuels efféminés parfois appelés en français “tantes” ou “folles“), avant d’être éclipsé par le terme gay. Sa résurrection récente a un sens beaucoup plus universel, puisqu’il embrasse l’ensemble de l’arc-en-ciel LGBT, y compris les hétéros efféminés.

Le mot anglais “queer” a connu un succès considérable dans les années 1990, bien au-delà des seuls pays de langue anglaise. À une époque de division entre lesbiennes, gays, bisexuel-le-s et trans, le terme voulait regrouper toutes les personnes subissant une discrimination en raison de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre, avec une forte dimension antisexiste et antiraciste. Autrement dit, se revendiquer queer était un geste politique et social, faisant d’une vieille insulte un motif de fierté.

Le problème du terme “queer” est la difficulté à lui trouver des équivalents dans d’autres langues. En outre, il n’est ni simple à comprendre ni aisé à prononcer, à la différence de gay, par exemple. C’est un paradoxe pour un mot à la vocation universelle.

S

Stéréotypes de genre

Un stéréotype de genre est une somme de caractéristiques communément connues pour être typiques d’une femme ou d’un homme.

Ce n’est pas une notion absolue et universelle. Elle dépend des pays, des époques, des groupes sociaux, etc. Pourtant celles et ceux qui ne s’inscrivent pas dans les normes de leur société peuvent subir des critiques ou des rejets très fréquents. Cela peut concerner l’apparence (par exemple une femme avec un maillot de foot, un homme qui se maquille), le comportement (par exemple un homme qui fait du tricot, une femme qui joue de la batterie), les choix de vie (par exemple une femme plombière, un homme père au foyer), etc.

Les stéréotypes de genre sont à la base du sexisme : si l’on attribue telle faiblesse ou telle force à un genre, alors toute personne de ce genre “devra” y être conforme. Les femmes sont censées être douces et maternantes, c’est pourquoi un homme qui aurait ces qualités sera étiqueté comme “efféminé” et héritera aussi de ce fait des défauts, ou stéréotypes négatifs, attribués aux femmes (faiblesse, inconstance, etc).

Ces préjugés sont également aux racines des LGBTphobies : les personnes lesbiennes, bi-e-s et gays ne sont par essence pas conformes au stéréotypes de leurs genres et suscitent donc le rejet ou les critiques de celles et ceux qui y sont attaché-e-s. 

T

Trans

Un·e trans’ est une personne dont le sexe biologique, assigné à la naissance de façon binaire (sur la simple observation de ses attributs masculins ou féminins), ne correspond pas à son identité de genre.
Le contraire est cisgenre.

Le terme de “transidentité” permet de dépasser le clivage qui a pu exister entre les termes “transsexuel-le” et “transgenre”, pour regrouper toutes les personnes trans’, quelle que soit la façon dont elles expriment leur identité de genre, et quels que soient leur projet et leur degré de transition.

On peut parler d’une personne trans’ FtM (“Female to Male”, “Femme vers Homme”) ou MtF (“Male to Female”, “Homme vers Femme”). Cela peut aussi être FtX ou MtX pour les personnes qui ne souhaitent pas appartenir à l’un ou l’autre genre.

La transidentité désigne ainsi le fait de vivre, ponctuellement ou durablement, selon l’apparence et les habitudes de la catégorie de genre opposée à celle assignée à la naissance, ou bien encore le sentiment d’appartenir soit aux deux catégories de genre, soit à aucune. Les personnes trans’ peuvent se définir comme garçon ou fille, mais ne le font pas forcément si elles ne souhaitent pas être enfermées dans une catégorie.

L’expression de son identité de genre pour une personne trans’ peut se faire à travers son style physique et vestimentaire. Un-e trans’ peut aussi avoir recours à un traitement hormonal entraînant des changements corporels (pilosité, poitrine, voix…), voire à une ou plusieurs opérations chirurgicales s’il ou elle le souhaite et le peut (buste, pomme d’Adam, organes génitaux, notamment). Le processus pour changer de genre est très long et souvent semé d’embûches, tant médicales que psychologiques et financières, mais de nombreuses associations sont présentes pour accompagner des personnes trans’ qui en auraient besoin, et œuvrent quotidiennement pour que les personnes trans’ puissent vivre librement leur identité de genre (voir notre page “Liens utiles”).

La prise en charge de certaines chirurgies, comme les demandes de modification d’état-civil et autres reconnaissances par les autorités, sont soumis en France à l’accord d’une équipe regroupant des médecins (endrocrinologue, chirurgien et psychiatre) et psychologues. Cela est ressenti par un grand nombre de personnes trans’ comme une atteinte pénible à leur dignité, leur donnant l’impression que leur identité devrait nécessairement être définie par d’autres qu’elles-mêmes. 

A lire:
– le roman graphique Appelez-moi Nathan
– une bande-dessinée réalisée par l’association Chrysalide : “Female to male”
– le blog de Sophie Labelle “Assignée garçon”
A faire :
– le quizz élaboré par l’association Chrysalide : Le quizz transidentité

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